29 octobre 2009
Le Ruban Blanc-Michaël Haneke

L'action se déroule en Allemagne du nord, à l'aube de la première guerre mondiale, où les enfants et les adolescents sont soumis à des châtiments corporels. Le film du renouveau pour le réalisateur controversé de Funny Games. On constate ainsi que parfois, souvent même, les mots blessent davantage que les coups. Le réalisateur allemand joue avec nos nerfs et a le don de réveiller les mauvaises consciences ! Intelligent, pertinent, proche de la perfection... Du très grand art.
Nous sommes donc à Eichwald, un petit village d'Allemagne protestant (à partir du mois de juillet 1913). Plusieurs accidents mystérieux interviennent, le doute et la suspicion s'installent. Les enfants sont éduqués de manière très rude et lorsqu'ils ont mal agis ils doivent porter en évidence un ruban blanc, d'où le titre du film.
Ils sont enfermés dans un puritanisme mortifère à travers lequel on leur assigne des principes moraux réactionnaire.
La bande son est quasiment inexistante et bien loin de provoquer un sentiment de manque chez le spectateur cela suscite au contraire une impression de réalisme absolu et renforce l'impression de malaise.
L'action est d'une extrême lenteur et pourtant on ne s'ennuie pas une seule seconde.
Concernant l'image, armé d'un noir et blanc d'une neutralité absolue - ni esthétisant, ni amochissant - et d'un cadre net et précis, Haneke déroule une histoire forte et mystérieuse, qui continue à captiver malgré une absence de réponses absolument prévisible.
Finalement, les enfants qu'on pourrait penser victimes sont en fait partagés entre innocence et monstruosité même si leur cupabilité n'est pas clairement mise à jour, peut être que ce sont eux qui ont commis ces actes horribles... le réalisateur laisse planer le doute de la même façon que pour la véracité des faits rapportés par le protagoniste du film qui rapporte rétrospectivement les faits, l'instituteur du village, ayant également sa part d'ombre mais sur lequel le réalisateur semble porter un regard plein de tendresse en lui prêtant des scènes romantiques très sincères et par ailleurs, en contraste total avec l'ambiance générale du film.
Le récit se clôt finalement sur l'annonce de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à sarajevo.
Troublant, mystérieux, malsain surprenant , bouleversant et majestueux, je pense que c'est un film qui restera longtemps dans les annales. C'est aussi peut être un début d'explication au développement de l'idéologie nazie en Allemagne.Plus que cela, une prophétie de toutes les horreurs qui seront réalisés au cours du 20eme siècle et même jusqu'à aujourdhui.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=271095&pid=15608303
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
